Stéréotypes sur les hommes et les femmes

Quelques définitions

La question des représentations est au cœur du sujet de l’égalité professionnelle. Notre façon de nous représenter ce qu’est ou doit être un homme ou une femme, nous est personnelle. Apprendre à décrypter parmi nos représentations celles qui s’ancrent dans des stéréotypes, est essentiel.

 

Qu’est-ce qu’un stéréotype?

Un stéréotype est une idée ou une image toute faite qu’on se fait d’un groupe social, une simplification des traits de caractère réels ou supposés de ce groupe. Les irlandais sont roux, les blondes sont idiotes, les suisses sont lents, les français sont chauvins… Le stéréotype a un caractère réducteur, et cette réduction a pour effet d’éliminer les nuances, d’attribuer une image générale à toutes les personnes d’un même groupe. Ce sont des « images dans nos têtes ».

Un stéréotype de sexe caractérise la représentation que nous avons de ce qu’est ou doit être un homme ou une femme. C’est l’ensemble de traits et de caractères que l’on attribue automatiquement d’une manière rigide aux membres des catégories homme ou femme. Ces stéréotypes de sexe, comme tous les stéréotypes, influencent nos perceptions, nos jugements, nos attentes et nos comportements.

 

Les stéréotypes et la publicité :

Les stéréotypes sont particulièrement marqués dans la publicité. Côté femmes : la femme nulle au volant, faible, objet sexuel, blonde-idiote mais toujours mère de famille efficace et responsable. En miroir pour les hommes : travail, père de famille nourricier, professionnel à succès, mais incapable de s’occuper correctement de ses enfants ou des tâches domestiques. C’est tout aussi réducteur pour les femmes que pour les hommes.

SG gars copie SG filles copie

 

Une influence démontrée dans la vie professionnelle.

Sur la base de stéréotypes, on peut facilement considérer que les charges supportées par une mère de famille créent une barrière naturelle à sa carrière. En somme, on la voit avant tout comme une mère de famille, en imaginant à sa place les contraintes qu’elle rencontre, plus que comme une professionnelle. Pour un homme, c’est l’inverse. De là des discriminations concrètes et objectives : femmes trop rares aux postes de responsabilités  (plafond de verre), hommes privés d’un légitime épanouissement personnel ou familial (plancher de verre).

 

Du stéréotype à la discrimination en passant par le préjugé.

Un préjugé se fonde toujours sur un stéréotype. Un stéréotype consiste à reconnaître une caractéristique commune à un groupe. Un préjugé consiste à reconnaître par avance, à tous les membres d’un groupe, le stéréotype attaché à ce groupe. Une discrimination naît de l’action consécutive à un préjugé.

Par exemple : « Les femmes privilégient leur vie de famille à leur vie professionnelle » est un stéréotype. « En tant que femme, cette femme avec qui je dialogue privilégiera certainement sa vie de famille à sa vie professionnelle » est un préjugé. « En conséquence, parce qu’elle est une femme, je ne la nommerai pas à ce poste qui demande une certaine disponibilité » est une discrimination.

Qu’est-ce que la discrimination ?

La discrimination est un comportement négatif non justifiable émis à l’encontre des membres d’un groupe social donné. La loi suisse sanctionne les discriminations en raison de l’appartenance raciale, ethnique ou religieuse (art. 261bis du code pénal, 1993), les discriminations envers les personnes handicapées (loi fédérale sur l’égalité pour les handicapés LHAnd, 2002), mais aussi l’ensemble des discriminations sexistes dans la vie professionnelle : embauche, conditions de travail, rémunération, formation, promotion, etc. (loi fédérale du l’égalité, LEg, 1995).